Anna Akhmatova

par | 23 Nov 2015 | Je suis d'ailleurs | 0 commentaires

Par un faux hasard, je découvre ce visage sur la toile.
C’est un ami russe qui, lors d’un dîner, m’avait parlé de la littérature de son pays.
Émaciée, belle avec son regard voilé et cette tristesse profonde. Ce visage, je l’ai cherché, longtemps.
La vie a passé, vite, très vite.
Entre les sorties et les fréquentations enjouées, que reste-t-il de cette légèreté ?
Légère et vaporeuse aux côtés de cette monstrueuse détresse.
Le cœur scintille.
Qui s’exprime pour tous ces êtres, victimes des guerres, privés des libertés essentielles ?
Liberté illusoire, certes.
Je regarde rêveuse, les yeux hagards, là sur mon banc. Les autres se meuvent dans la lumière noire.
L’attente se durcit. On attend quoi ? Une voix, cette belle voix qui s’élèverait pour moi, pour nous.
Une voix cristalline qui pose des mots sur les maux. Pour ceux qui ont souffert de la répression, du contrôle schizophrène de ces pantins fantoches.
Cœur d’homme, cœur de femme, brisés.
Parmi elles, une aura choisi de rester, de lutter pour tout un peuple.
Elle s’appelait Anna Akhmatova, « l’Âme de l’Age d’Argent ».